Quelles sont les centres d’écoutes à Antananarivo ?

Enfants

Des enfants à l'écoute. Photo prise sur internet.

Le taux de la violence domestique et conjugale est encore en hausse à Madagascar. La plupart, des femmes, enfants et même des hommes vivent encore dans des ménages violents. Or, les victimes n’ont pas le courage de dénoncer toutes formes de violences, physique comme morale. D’ailleurs, la structure et les textes protégeant les femmes et les enfants contre la violence ne sont pas encore très respectés dans la grande île. D’ailleurs, les centres d’écoutes sont encore très peu. Dans la capitale, il existe des centres d’écoutes réservés pour les femmes battues. Découvrons quelques-uns dans ce texte.

Le Centre de Tsara Monina

Le centre Tsara Morina a été créé en 2014. Ce centre a été créé pour accueillir les femmes battues, et qui veulent échapper à la violence. Tsara Monina signifie Bonne Habitation en français. C’est un centre d’écoute financé par l’Union Européenne, dans le cadre du projet d’action et de prévention contre la violence conjugale. Le projet a été élaboré par l’ONG ENDA Océan Indien. Le centre pourra accueillir 20 femmes pendant 2 mois.

C’est un projet très important, surtout dans un pays où la violence conjugale au sein des ménages urbains est très élevée. Selon l’enquête de l’ONG meneur du projet, le taux de violence conjugale à l’encontre des femmes à Antananarivo est plus de 65%. En même temps, ce sont surtout les femmes tananariviennes qui sont concernées par ce pourcentage. La plupart de ces femmes subit une forme de violence, morale, comme physique au sein de leur foyer.

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Bien que la capacité d’accueil de ce centre d’écoutes soit faible comparé au nombre de victimes dans toutes la capitale, ce centre sera quand même un pilier pour favoriser la lutte contre la violence domestique dans la grande île. D’ailleurs cette initiative concorde aux demandes du Protocole de la SADC sur le Genre et le Développement du document régional signé et accepté par l’Etat Malgache.

Femmes
Femmes Malgaches. Photo prise sur internet.

Le centre d’accueil « Fanantenana »

Le centre d’accueil Fanantenana est aussi un centre d’écoute à Madagascar. Il est en charge d’accueillir les personnes suivantes :

  • Les enfants orphelins et abandonnés ;
  • Les enfants de divorcés et en rupture familiale ;
  • Les enfants en situation précaire ;
  • Les enfants qui sont déscolarisés ;
  • Les jeunes mamans.

Le centre a été créé pour favoriser la promotion du droit de l’enfant par le biais d’action socio-éducative, notamment :

  • Le droit au respect ;
  • Le droit à être écouté ;
  • Le droit de s’amuser et jouer ;
  • Le droit à des soins adéquats ;
  • Le droit d’expression et d’organisation ;
  • Le droit d’apprendre ;
  • Le droit d’être formé à un métier ;
  • Le droit d’exercer des activités en toute sécurité ;
  • Le droit à une justice équitable.

La plupart des enfants s’inscrivent au programme pour avoir accès à l’éducation. Le système éducatif à Madagascar est d’ailleurs très compromis. Puis, les enfants vivent dans un contexte social défavorable à leur développement. La majorité d’entre eux vivent au-dessous de seuil de la pauvreté. Ils sont en survies.

La structure d’accueil

Le centre d’accueil Fanantenana se situe à Toamasina. Un centre bâti sur un terraiin de 18.000 m2 sur la propriété de Fanantenana IV. L’enceinte comporte :

  • 4 pavillons occupationnels de 50 m2, capable d’accueillir 30 enfants par pavillon ;
  • 1 bâtiment plurifonctionnel pour entretenir plusieurs activités : omnisport, ateliers, gymnase, etc.
  • 2 groupes sanitaires en normes ;
  • 2 pavillons pour accueillir 2 familles de gardien ;
  • Des pompes mécaniques à main ;
  • Un terrain cultivable ;
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Objectifs

En ce moment le centre peut accueillir dans les 120 enfants. Pour le moment, il prend en charge une trentaine d’enfant. L’objectif du centre c’est d’accueillir les enfants orphelins et abandonnés, en rupture familiale, déscolarisés mais surtout les mamans adolescentes. Il favorise la récupération sociale par le biais d’action pédagogique, socio-éducative, scolaire et sanitaire. Le but étant d’améliorer la condition de vie des enfants en abordant un programme d’alphabétisation qui est associé à des activités d’orientation pré-professionnelle et surtout l’initiation à la vie active.

Aujourd’hui, il existe 18 structures et mécanismes pour la lutte contre les violences basées sur le genre à Madagascar. Ils ont pu traiter plus de 600 cas dans toute l’île. Ce sont des structures mis en place dans les 12 régions de Madagascar notamment : Boeny, Betsiboka, Analamanga, Itasy, Bongolava, Antsinanana, Analanjirofo, Amoron’i Mania, Haute Matsiatra, Menabe, Anosy, Androy.