Pourquoi les Malagasy font de la culture sur brûlis ?

Illustration en image de la culture sur brûlis

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Madagascar fait actuellement partie des pays les moyens avancés que ce soit au niveau continental ou au niveau mondial. Les aides et financements n’arrivent pas à combler les manques de revenus et de nourritures qui s’y installent. Les producteurs optent ainsi pour tous les moyens possibles permettant d’augmenter le rendement agricole. La culture sur brûlis est l’une des pratiques que les agriculteurs malgaches considèrent comme étant un moyen particulièrement efficace de maximiser la production. De quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi de plus en plus de Malagasy les pratiquent ? Quelles en sont les conséquences ? Zoom.

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Culture sur brûlis ou « tavy » : c’est quoi exactement ?

Cette technique consiste à défricher la forêt par le feu dans le but de préparer les terres pour de nouvelles plantations tout en les fertilisant grâce à l’action des cendres. Ces terres seront cultivées pendant une courte période pour ensuite être mises en friche. Il s’agit en fait d’une agriculture extensive dans la pratique traditionnelle, présentant de nombreuses appellations :

  • Culture sur brûlis ;
  • Brûlage agricole ;
  • Agriculture sur abattis-brûlis ;
  • Système agraire forestier ;
  • « Tavy » ou « hatsake » pour les Malagasy.

Il ne faut pas confondre l’agriculture sur brûlis avec la technique de l’écobuage. En effet, les deux présentent la même finalité qui est le brûlage. Toutefois, avec l’écobuage, la croûte superficielle du sol est soumise à l’épreuve du feu jusqu’aux racines, et ce après arrachage et séchage. En revanche, l’agriculture sur abattis-brûlis, après débroussaillement et séchage, ne soumet au feu que la partie aérienne de la végétation.

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Pourquoi l’agriculture sur brûlis s’accentue à Madagascar ?

80% de la population malgache est rurale, dont la majorité pratique une agriculture vivrière ou une agriculture de subsistance. Un grand nombre de ménages cultivent du riz, du manioc, de la patate, du maïs, du haricot sec, entre autres pour avoir de quoi à manger. C’est seulement les surplus qu’ils commercialisent sur un marché domestique pour avoir un peu d’argent.

Toutefois, des risques agricoles nuisent à la production dans le pays, si l’on ne citerait que la sécheresse, le cyclone, l’inondation, l’invasion acridienne et l’érosion, les variations de prix, etc. Même s’il existe actuellement plusieurs actions et investissements menés par l’Etat, le secteur privé, la société civile, les bailleurs de fonds, ainsi que certaines communautés locales, les produits agricoles de l’île sont loin d’être suffisants.

Illustration en image des champs défrichés pour pratiquer du Tavy
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Par ailleurs, l’agriculture sur brûlis ou le « tavy » constitue une adaptation optimale aux conditions pédologiques et climatiques de la forêt humide, surtout en zone intertropicale. Pour cette raison, cette technique de culture permet aux agriculteurs d’avoir des sols particulièrement fertiles et riches en humus. Il est ainsi logique d’obtenir plus de rendement en la pratiquant, et c’est d’ailleurs pour cela que de plus en plus d’agriculteurs malgaches s’y mettent. Cette pratique se voit surtout dans la partie sud-est de Madagascar, pas très loin de la forêt primaire de Ranomafana. On rencontre également des dizaines d’hectares de plaines soumis au feu dans le centre du pays, dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de la capitale.

Quelles sont les conséquences du Tavy dans l’île rouge

Quand on parle de Tavy, la déforestation s’ensuit systématiquement. Sachez qu’au niveau mondial, l’agriculture représente 80% de la déforestation, que ce soit une agriculture commerciale (45 à 50%), ou une agriculture de subsistance (30 à 35%). Ainsi, il est évident que la pratique de cette méthode de culture présente certaines conséquences néfastes, sur la biodiversité, sur les sols ainsi que sur le climat.

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Sur la biodiversité

Le défrichage de la forêt pour la pratique du tavy constitue une menace à la biodiversité. En effet, la forêt abrite un grand nombre de mammifères, de reptiles, d’oiseaux, d’insectes, d’amphibiens, ainsi que d’espèces végétales, le plus souvent rares et fragiles. Les équilibres naturels subissent les conséquences de la destruction de ces milieux. C’est la raison pour laquelle plusieurs espèces, endémiques ou non de Madagascar, sont en voie de disparition.

Sur les sols

Même si le tavy est pratiqué pour une fertilisation optimale, la déforestation qui le précède fragilise les sols. Il faut savoir qu’un sol boisé est plus riche en matière organique, et surtout particulièrement résistant à l’érosion et différentes intempéries. Un espace forestier détruit conduit donc à la fragilisation de l’écosystème. Les sols deviennent ainsi vulnérables aux catastrophes naturelles telles que les inondations et les glissements de terrain.

Illustration en image de la déforestattion liée à la pratique du tavy
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Sur le changement climatique

Quand une surface conséquente de forêt est défrichée, un impact sur le changement climatique devient palpable. Les arbres ont pour rôle de stocker du CO2 au cours de leur vie, et quand ils sont détruits, la capacité de l’écosystème à stocker du CO2 se voit réduite. Cela implique l’augmentation de l’effet de serre. Le manque d’arbres favorise l’émission de CO2 d’origine anthropique, ce qui est la cause principale du réchauffement climatique dont l’île rouge souffre, notamment sa partie sud et sud-est.

Bien que la pratique du tavy puisse aider les agriculteurs pour augmenter leur production, cette technique doit être limitée le plus possible afin de préserver l’écosystème malgache.

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